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Comment décrypter l’étiquette de son shampoing ?

Devant la propension des industriels de la cosmétique à user du greenwashing pour écouler leurs stocks de produits chimiques, il devient difficile de se fier à l’emballage d’un produit. Les marques jouent avec les codes du bio pour faire passer des composants qui sont loin de l’être. Dorénavant, il faudra passer plus de temps dans le rayon cosmétique des supermarchés, pour apprendre à lire, à décrypter les étiquettes de sa coloration ou de son shampoing.

Du naturel qui ne l’est pas

Depuis que les questions liées à notre environnement refont surface dans nos sociétés dites civilisées, les experts marketing des groupes industriels font ce qu’ils peuvent pour s’adapter. Pas en changeant la composition de leurs produits pour coller à la demande réelle des consommateurs, non. Mais en masquant habilement la liste des composants avec de belles images évoquant une nature saine et sereine et quelques slogans chocs garantissant la non-présence de certains éléments reconnus comme cancérigènes possibles voire probables. C’est ce que l’on appelle le greenwashing, une façon de laver le cerveau des consommateurs de ‘vert’ pour continuer à vendre les mêmes composants destructeurs d’environnement et de santé. Les perturbateurs endocriniens en sont un exemple typique. Puisqu’il semble impossible de raisonner les actionnaires de ces groupes, c’est effectivement au consommateur de prendre son destin en mains, en refusant tous azimuts tous les produits nocifs, aussi bien pour la santé que pour l’environnement. Cependant, il faut y passer du temps. Parce qu’il faut décrypter les étiquettes de composants aux noms scientifiques barbares et au langage hermétique. Dans tous les cas, c’est bien le consommateur qui le pouvoir, car c’est bien lui qui décide, ou non, d’acheter un produit.

Repérer les éléments nocifs

Pour repérer du premier coup d’œil les composants nocifs, il est préférable de savoir ce que vous recherchez. En résumé, on peut distinguer 4 grandes familles de produits à éviter ;
Les silicones, qui alourdissent et étouffent les cheveux ;
Les sulfates ;
Les ammoniums quaternaires ;
Certains alcools
Malheureusement, il arrive très fréquemment qu’un shampoing présenté comme sain, voire comme shampoing colorant bio, soit composé d’au moins un élément de chaque famille. L’idéal est de vous référer à la liste INCI, pour International Nomenclature of Cosmetic Ingredients, la liste officielle des composants cosmétiques. Elle est obligatoirement notée, parfois en tout tout petit, sur l’étiquette de votre shampoing. Commencez par faire le teste sur vos produits cosmétiques à la maison. Repérez les sulfates (tous notés sulfates ou sulphates), les silicones (terminaisons en –xane, -cone, ou –conol), les PEG (autre forme de silicone), les ammoniums quaternaires (incluant presque tous -quat- dans leurs noms) et les alcools qui ont tendance à dessécher les cheveux et le cuir chevelu, ce qui peut entraîner des démangeaisons. Pour apprendre à lire plus vite, certaines applications gratuites sont aujourd’hui à disposition. Toutes ne notent pas de la même façon. Certaines sont plus souples que d’autres, notamment l’appli de l’UFC que choisir, qui classe les BHT en vert… Mais d’autres sont très fiables

pourquoi faut-il éviter certains composants ?

Pour faire simple, prenons un exemple, celui des silicones ou des ammoniums quaternaires sensés les remplacer. Le seul but de l’incorporation de ces produits est ‘l’effet glisse’. En passant vos mains sur vos cheveux, vous les sentirez glisser et vous aurez l’impression qu’ils sont parfaitement nourris et revigorés. Dans les faits, c’est un leurre. Non seulement ils sont totalement inutiles pour la santé du cheveu, mais de surcroît, en gainant ainsi le cheveu pour vous donner l’impression de cheveu bien lisse, ils empêchent le cheveu de se nourrir. Résultat, votre cheveu s’abîme, devient sec et cassant et nécessite coupes régulières et soins fréquents. C’est un cercle vicieux. Plus vous l’utilisez, plus vous avez la sensation que vous devez l’utiliser. Einstein disait qu’il ne faut pas compter sur ceux qui créent les problèmes pour les résoudre. Il en va de même des produits cosmétiques industriels. Ce sont bien eux qui abîment les cheveux et le cuir chevelu. Ne comptez donc pas sur eux pour les réparer, les soigner ou les nourrir. Ou alors en faisant semblant.

Pour en revenir aux silicones, leur effet sur la peau est sensiblement le même. Ils bouchent les pores de la peau, qui peinent à respirer. D’où l’apparition de points noirs par exemple. Quant aux sulfates, ils sont là pour décaper. Tout le sébum créé naturellement par la peau pour la protéger des agressions extérieures se voit littéralement nettoyé. Pour pallier à ce manque, la peau en récrée, encore plus, et ainsi de suite. Un autre cercle vicieux. D’où le fait d’avoir un cuir chevelu gras, qui ne parvient plus à s’auto réguler, et des pointes sèches et cassantes. L’hypocrisie règne dans le seul but de vous faire consommer toujours plus, au détriment de votre santé mais à l’avantage de leur portefeuille. Et ce qui est valable pour les shampoings l’est aussi pour tous les autres cosmétiques, y compris les colorations. Pour cette raison, privilégiez toujours une coloration naturelle et optez pour des shampoings aux listes INCI courtes, constituées de produits lavants doux.