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Qu’est-ce ce qu’une plante tinctoriale ?

Depuis la nuit des temps, les hommes utilisent les plantes pour en extraire les pigments nécessaires à la colorisation. Pour les peaux, les cuirs et les textiles en tous genres, mais également sur la peau et les cheveux. Les fêtes tribales sont l’occasion de tatouages temporaires et même les animaux sont marqués de couleurs. Il faut dire que le langage des couleurs est universel et bien plus intuitif et simple à comprendre que n’importe quelle littérature, aussi bien écrite soit-elle. Depuis la nuit des temps, donc, les hommes utilisent les plantes pour leurs besoins personnels. Mais toutes les plantes possèdent-elles la même capacité à donner de la couleur à notre environnement ?

Définition d’une plante tinctoriale

La définition d’une plante tinctoriale est assez basique. Il s’agit d’une plante dont les pigments colorés peuvent être utilisés pour la teinture. Ces pigments peuvent provenir des feuilles, des fleurs, des graines, des écorces, voire de la sève de la plante. Elles sont très nombreuses. On en compte plusieurs centaines, y compris dans le monde aquatique. Toutes ne sont pas équitablement utilisées pour leurs actions sur nos cheveux, essentiellement pour des raisons économiques liées à l’efficacité des pigments, leur rentabilité en quelques sortes.

La qualité de la pigmentation, la résistance au lavage, le comportement du colorant dans le temps, la disponibilité dans la nature, la résistance et le comportement à la lumière sont autant de paramètres qui définissent de manière efficiente quels sont les pigments réellement intéressants. Notez qu’un pigment peut se révéler tout à fait acceptable dans certaines circonstances ou pour certains usages et inutile dans d’autres cas. Se faire une peinture tribale éphémère sur la joue est bien différent d’une teinture végétale cheveux.

Coloration et chimie de la plante

Pour comprendre comment les plantes nous fournissent les pigments nécessaires à nos vies en couleur, il faut revenir à nos cours de sciences du collège et du lycée. La couleur visible est une question d’absorption des longueurs d’ondes de la lumière visible. En l’occurrence, si une feuille est verte, c’est qu’elle absorbe toutes les autres longueurs d’ondes de la lumière visible (celles de l’arc-en-ciel) pour réfléchir le vert, dont elle n’a pas besoin pour son métabolisme. Voilà pourquoi nous la percevons verte.

Si les feuilles absorbaient toute la lumière, elles seraient noires. Si elles réfléchissaient toute la lumière, elles seraient d’un blanc pur. De surcroît, en choisissant la couleur qu’elles réfléchissent, les plantes donnent une indication sur leur métabolisme à leur environnement. De cette façon, elles attirent les espèces animales ou les insectes dont elles ont besoin, au pris parfois de nombreux sacrifices, et repoussent naturellement les autres. Il s’agit d’une forme de langage inter-espèce, facilement compris par tout le monde du vivant, l’homme mis à part depuis qu’il est entré dans le progrès industriel…

Jusqu’au milieu du XIXème siècle, au début de l’ère industrielle, les pigments naturels et végétaux se retrouvent partout. Les plus grands chefs-d’œuvre de la peinture en sont un témoignage bouleversant. Mais pour accroître la rentabilité et augmenter ses richesses et son confort, l’Homme a décidé de copier la nature en synthétisant les pigments. Les couleurs deviennent alors chimiques et sont fabriquées à la chaine selon des protocoles industriels. Fort heureusement, après 150 ans d’erreurs, il semble que l’on revienne doucement au bonheur sobre et simple de Dame Nature.

Pour finir sur cette question, le choix d’une longueur d’onde pour une plante n’est pas accessoire. Elle ne le fait pas juste pour être attirante ou jolie, mais essentiellement parce que les composés qu’elle utilise pour transformer la lumière en sucres via la photosynthèse ont pour effet de rejeter une longueur d’onde précise. La chimie de la plante est intimement liée à la couleur de ses pigments. Et inversement. A chaque pigment correspond donc un ou plusieurs principes actifs. Une teinture cheveux naturelle est donc forcément doublée d’une autre action sur les cheveux ou sur le cuir chevelu. Et là encore, ça fait une grande différence avec les teintures chimiques, qui n’apportent rien de plus aux cheveux que la couleur et qui en profitent malheureusement pour agresser les cheveux (via l’ouverture forcée des écailles et le retrait du pigment d’origine) et le cuir chevelu, très sensible.

Brève histoire des tinctoriales

Si l’on semble redécouvrir les propriétés tinctoriales des plantes au XXIème siècle, c’est juste que notre mémoire est sélective. Nous avons tellement pris l’habitude de voir les couleurs en bidons, en tubes et en pots, que nous avons passablement oublié de regarder la nature autour de nous. Tout est coloré, tout le temps. Les toutes premières traces d’utilisation des tinctoriales remontent au paléolithique tardif (entre -15 000 ans et – 9000 ans environ). Dans ses premières utilisations textiles, la couleur pouvait être un ornement précieux, aussi précieux que les épices ou les minerais.

Les pigments étaient donc une monnaie d’échange au même titre que les autres produits cités plus haut. Plus tard, on retrouvera des traces d’utilisation en Mésopotamie, puis en Égypte antique et enfin dans toute l’antiquité Européenne et Asiatique. Mais, si les premiers usages étaient destinés à la peinture rupestre ou aux textiles, dès l’antiquité égyptienne, les pigments tinctoriaux sont utilisés en soins cosmétiques. On en trouve donc aussi bien sur la peau du corps tout entier que dans les cheveux. Le Henné en est un brillant exemple.

Liste non exhaustive des plantes tinctoriales

Afin que vous puissiez vous-mêmes repérer les plantes au fort pouvoir colorant lors de vos prochaines balades aux abords des forêts, voici une petite liste, non exhaustive, des pigments obtenus de certaines plantes assez connues :

Pour les tons bleus, vous pouvez faire appel;

  • A l’indigotier, autrement nommé henné noir;
  • Au laurier des teinturiers;
  • A la Maurelle ou croton des teinturiers;
  • Aux pois bleus;
  • Au pastel des teinturiers;
  • Au Mahonia commun…

Pour les tons violets, vous pouvez utiliser;

  • Au Campêche;
  • Aux ronces odorantes;
  • Au Grémil Violet…

Dans les tons oranges, vous avez accès, entre autres;

  • A l’aspérule des teinturiers;
  • Au bois de santal;
  • Au henné, bien sûr;
  • A l’oignon;
  • Au Roucou;
  • Au souci d’eau…

Pour le vert, vous pouvez essayer;

  • Le pied-de-lion;
  • Le sureau noir;
  • Le troène commun;
  • La grande ortie dioïque…

Pour le noir, essayez;

  • Le châtaignier;
  • Le chêne;
  • Le grenadier;
  • L’eupatoire à feuilles de chanvre…

En ce qui concerne le rouge, sont disponibles;

  • La garance des teinturiers;
  • L’aspérule des teinturiers…

Quant au brun, vous avez le choix entre;

  • L’origan;
  • La marjolaine sauvage;
  • La pivoine commune…

Mais bien d’autres pigments existent. Pour en savoir plus, notamment pour mieux connaître les pigments compatibles avec une coloration végétale, renseignez-vous auprès de votre salon de coiffure spécialisé dans la coiffure bio et végétale.