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Naturelle ou greenwashing ? Faites attention aux produits que vous utilisez.

Les industriels savent pertinemment comment prendre le pouls du peuple pour lui vendre ce dont il a besoin. N’y voyez là aucune bienveillance, mais plutôt un cynisme froid destiné à remplir les caisses. Vous voulez du bio ? Et bien, s’il n’y a que ça pour vous faire plaisir, on va vous en donner. Enfin, presque. Du moins, c’est ce que l’on notera sur l’emballage. Voyons donc à quoi correspond le fameux greenwashing et comment s’en prémunir.

Qu’est ce que le greenwashing ?

Le greenwashing est une technique marketing qui consiste à affubler d’un logo ‘vert’ tout produit destiné à la vente. La locution provient de la contraction entre les termes anglophones ‘green’, qui signifie ‘vert’ et ‘brainwashing’, correspondant à ‘lavage de cerveau’. En somme, les industriels lavent notre cerveau avec des concepts écologiques ou respectant l’environnement (dans l’image, et seulement dans l’image) pour nous vendre exactement les mêmes produits issus de l’industrie chimique. Pour y parvenir, elles utilisent toutes les mêmes procédés ;
Champ lexical volontairement tourné vert le vert, avec des mots comme ‘sans parabène’, ‘d’origine naturelle’, ‘naturel’, ‘pure’, ‘écologique’, etc ;
Image résolument englobée de couleur verte et douce, avec de belles photos d’arbres, de forêts, d’océan, des films montrant la douceur et la sérénité d’une nature bienveillante.

Une fois le tout bien agencé, il ne reste plus qu’à placer le produit dans cette enveloppe trompeuse pour qu’il se vende. Vous avez sans doute entendu parler de cette fameuse peinture écologique dont le but est de reverdir les pelouses abîmées par le temps très sec de l’été dernier. Si le principe est déjà ridicule en soi, le terme écologique est là aussi galvaudé. Peut être que cette peinture est effectivement conçue à base de produits végétaux naturels. Mais détruire la nature pour fabriquer une peinture destinée à afficher une pelouse bien verte en temps de sécheresse, sans chercher à remédier aux causes de la sécheresse, on ne peut pas dire que ce soit vraiment écologique. Si vous souhaitez une pelouse verte, arrêtez de la tondre à ras. Ça permettra à la rosée du matin d’être fixée par les brins d’herbe. Votre pelouse conservera ainsi de l’humidité qui lui évitera de sécher. C’est peut-être moins beau, mais c’est bien plus écolo. Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Et dites-vous bien qu’en matière de cosmétiques, pour le corps et les cheveux, il en va de même.

La loi cosmétique iso 16128

Pourtant, direz-vous, il existe une loi définissant l’usage bio en cosmétique. Mais, comme un grand nombre de lois dans nos pays pourtant si démocratiques, celle-ci fut écrite en sous main par le lobby industriel cosmétique. Conséquence ; les normes définissant la cosmétique bio sont revus et tirés vers le bas. Dans le seul but de toujours vendre à moindre coût. C’est-à-dire, à garantir la marge, donc les dividendes des actionnaires et au détriment des conséquences environnementales et sanitaires. Cette loi de 2016 n’a pour seul but que de créer un consensus international sur la définition de la cosmétique bio. Pour être plus précis, attardons-nous sur deux détails de la loi ;
D’abord, elle n’interdit aucun composant, même chimique ( !?) ;
Ensuite, il existe tout un panel de calculs plus ou moins scientifiques visant à déterminer la teneur finale du produit ‘bio’ ou ‘naturel’ se cachant à l’intérieur desdits produits. Le but de ces calculs est de définir un seuil en deçà duquel le produit en question ne peut être défini comme biologique ou naturel. Et bien dans la loi iso 16128, aucun seuil n’est fixé. Et cela a deux conséquences ;
– Il suffit d’une infime partie de composant naturel pour que le produit soit automatiquement taxé de naturel ;
Aucun contrôle d’aucune instance ne viendra vérifier si les seuils minimum sont respectés.
En d’autres termes, le but est de vous rassurer en écrivant ‘bio’ sur la façade tout en continuant de vous vendre des produits chimiques, synthétiques, pétrochimiques et on en passe. De votre côté, vous pourrez penser que le produit est sain, alors qu’il ne l’est pas. Il s’agit ni plus ni moins que d’une vaste tromperie sur la marchandise.

Comment se prémunir de la tromperie au bio et au naturel ?

Il n’existe malheureusement pas beaucoup de solutions ;
Repérer les marques qui jouent avec la confiance des consommateurs (et Dieu sait s’il y en a dans l’industrie cosmétique) ;
Prendre le temps de lire toute la composition du produit sur l’étiquette avant de l’acheter.
Le problème, c’est que la majorité d’entre nous faisons nos courses en supermarché. Et les supermarchés jouent le jeu forcé des groupes industriels. Le choix offert en grande surface ne laisse donc pas beaucoup de possibilités. Heureusement, il existe d’autres canaux pour obtenir les bonnes fournitures, réellement naturelles et respectueuses de notre environnement. Il est toujours possible d’effectuer une coloration bio qui soit réellement bénéfique à vos cheveux.